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- Hugo Chávez sauvé par le peuple, par Maurice Lemoine (Le Monde diplomatique) :: le par
Apercu : Suffit-il à une minorité de se rebaptiser « société civile » pour pouvoir prétendre renverser un président démocratiquement élu ? Washington des délégations des futurs putschistes civils et militaires, a immédiatement salué ce quelle croyait être la mise à lécart dun dirigeant dont lindépendance lulcérait. Washington, une déclaration commune avec le gouvernement américain, appelant les putchistes à créer « un cadre démocratique stable » ! Avila, montagne à mi-pente de laquelle a été planté le studio improvisé. Castro dans un de ses programmes précédents. Hola, ma vie, je tenvoie un baiser ». Son aisance ferait pâlir de jalousie nimporte quelle vedette du petit écran. Il na pourtant rien dun professionnel. Fidel, si on ne se voit pas ces jours-ci, on sappelle. Et je donne un conseil à ceux qui veulent me déstabiliser : je sais combien ils sont et combien ils pèsent après le déjeuner ! Mais il estime ces grand-messes nécessaires pour maintenir un contact direct avec les exclus, les pauvres et les forces de gauche qui constituent sa majorité. Ce type est un démagogue, un populiste, un fou furieux ! Dans le meilleur des cas, on lui accorde que, certes, ceux qui lont précédé ne valaient guère mieux. Mais il mène le pays à la ruine. De toute façon, sa place nest pas à la présidence. Un militaire ne sait faire que deux choses : obéir ou commander ! Au sein de la caste constituée par loligarchie, la finance et les classes moyennes, on hait cet intrus. Emprisonné puis libéré, le rebelle a accédé démocratiquement au pouvoir en décembre 1998. Venezuela, pacifiquement, a changé de mains. Reste quune chose est dannoncer la naissance dun nouveau pays, une autre de procéder aux changements. Valencia un laissé-pour-compte, observant que le chômage na en rien diminué. La seule chose que je sais faire, cest chaparder. Mais ici, je ne vois vraiment pas qui je pourrais voler. Caldera (du nom de la femme du président précédent ! Et même les initiatives les plus généreuses du gouvernement semblent patiner. Mais ils viennent de la fermer parce quils nont plus dargent pour payer les fournisseurs. Dans la perspective de la victoire, sont venus sy agglutiner des « chavistes » convaincus, des révolutionnaires, mais aussi, espérant prébendes et bénéfices, des membres des anciennes formations politiques, des opportunistes de tout acabit. Un jour ou lautre, pour prix de leur collaboration, ils viennent présenter la facture au président. Doù de multiples revirements, ruptures, démissions, limogeages suivis de passage à lennemi, donnant le sentiment dun pouvoir fonctionnant dans une permanente improvisation. Etat et ladministration, gangrenés par quarante années de clientélisme. Les ministres ou les quatorze gouverneurs « chavistes » ne peuvent compter, au sein de leurs institutions, pour mener les réformes, que sur quelques fonctionnaires de haut rang. Palau, secrétaire général du gouvernement local, confronté aux mêmes difficultés. Cela ne peut se faire que pas à pas. Etat, et la population non organisée qui la porté au pouvoir. Par groupes de sept à quinze personnes, ils discutent de la définition du futur, de leur vie, des besoins les plus essentiels, immédiatement répercutés auprès des autorités concernées. Etat a commencé à doter ces structures de fonds non négligeables. Regardez, il ny a ici que des personnes pacifiques sactivant pour le bénéfice de la communauté. Les hommes et les femmes de ce processus sont décidés à le défendre. Mais aussi autrement si cest nécessaire. Carmona, lance une grève générale soutenue par. Ortega, qui, le 25 octobre précédent, sest proclamé vainqueur des élections destinées à renouveler la direction syndicale, au terme dun scrutin marqué par la violence et les irrégularités. Eglise, classes moyennes -, auxquels se joignent les médias, reconvertis en parti politique, cherchent à créer artificiellement une situation dingouvernabilité. Ils nous excluent et prétendent, à eux seuls, représenter la société civile. Mais nous, nous sommes le peuple ! Et si, pour une raison ou une autre, la légalité constitutionnelle est mise en cause par la campagne de déstabilisation, nous la défendrons avec notre vie, avec notre sang ! Mais lorsque sabat la carte de la déstabilisation économique, la tension monte dun cran. Etat il y a une vingtaine dannées (25 % demeurant à lentreprise), on est passé à 70 % pour la firme (et 30 % au fisc). Parra, et une équipe de direction. Au nom de la promesse de carrière pour les meilleurs, de lefficacité dans la gestion, de la productivité et de la rentabilité, de lindépendance face à la « politisation » imposée par le gouvernement, les technocrates arguent dune « méritocracie » quils viennent dinventer pour refuser ces nominations et appeler à la rébellion. Etat actionnaire nomme les directions des entreprises nationales et leur communique ses orientations - ce que dailleurs tous les gouvernements vénézuéliens précédents ont fait. Par ailleurs, les contestataires, cadres supérieurs occupant des postes de confiance, de par la nature de leurs fonctions, ne peuvent appeler à la grève. La « société civile » prend fait et cause pour eux. Chauffée à blanc par les médias écrits, radiophoniques et télévisés, elle pousse à la paralysie du coeur économique du pays. Qui intervient effectivement, bien que partiellement (une part importante des ouvriers refusant de stopper le travail). Bush multiplie les banderilles verbales à lencontre du président « bolivarien ». Russie, son discours antimondialisation et sa révolution font chaque jour un peu plus grincer des dents. Unis craignent cependant une suspension de ses exportations sil devenait ingouvernable. On ne cherche donc pas, officiellement, à jeter de lhuile sur le feu. Institut républicain international, tous interlocuteurs particulièrement connus pour leur défense des intérêts des travailleurs ! Pourtant, rumeurs et remous en font parfois douter. Nord et, pour cette raison, nous sommes sûrs de ce pays. Quun officier se prononce publiquement signifie quil na pas lappui de larmée. Fedecámaras, ne connaît quun succès relatif à léchelon national. Lancée dans une folle fuite en avant (ou dans un plan prémédité quil nest pas question de stopper), lopposition double la mise et, au prétexte que le gouvernement pourrait décréter létat dexception (ce dont il na aucunement lintention), appelle, à partir du 11 avril, à une grève générale illimitée. Chávez de trahison et demande au haut commandement dagir. Chuao, situé dans lest de la capitale. Le crime se nouera là, au coeur dune effervescence grandissante qui en facilite le dessein. Pour accréditer lidée dune « société civile » affrontant une dictature, rien de tel que des « martyrs ». Vargas, le teint blême, fait irruption dans le bureau de ses collaborateurs. Il faut les laisser manifester, mais les arrêter avant quils narrivent ici. Cercles bolivariens vont mobiliser, et ça va se terminer en désastre. Les hommes en uniforme savent être machiavéliques. Garde nationale nordonne aucune manoeuvre denvergure pour prévenir linévitable. Miraflores et des dizaines de milliers de « chavistes », armés pour certains de bâtons et de pierres, descendus en hâte protéger de leur corps le président. Quinze gardes nationaux, pas un de plus, sinterposent pour empêcher le choc. Quelquun peut-il me prêter un téléphone portable, que je demande du renfort ? Usant de gaz lacrymogènes, ses hommes parviennent à stabiliser la situation. Cercles bolivariens, dont les membres auraient froidement tiré sur une manifestation pacifique. De mystérieux francs-tireurs postés sur les toits dimmeubles dune dizaine détages font leurs quatre premières victimes dans leurs rangs. Ensuite, ayant fait monter la température de cent degrés, ils sacharnent sur lopposition, avec une mortelle précision. La confusion devient totale, la mêlée généralisée. Garde nationale répond aux volées de pierres de la « société civile » par des essaims de grenades lacrymogènes, mais également à larme de guerre, en tir tendu. Peña tirent à peu près sur tout ce qui bouge, sans discernement (mais dautres de leurs collègues se comportent décemment). On en a repéré deux, ils étaient en uniforme. On avait le contrôle de tous les appels téléphoniques du président aux commandants dunité. On sest réunis à 10 heures du matin pour planifier lopération. Le but recherché est atteint. Garde nationale en a fait autant. Ce message passera toutes les vingt minutes, à la télévision, durant les trente-six heures suivantes. Assemblée nationale, tous les corps constitués, destitue les gouverneurs et les maires issus des urnes. Chávez ont tiré contre ces gens, et cela a rapidement conduit à une situation qui la amené à démissionner. Caracas se précipitent pour saluer le président de facto. Pendant ce temps, dans ce pays qui, depuis trois ans, na pas déploré un assassinat, une disparition, un emprisonnement politiques, la répression sabat sur des ministres, des députés, des militants ; des dizaines de locaux et dhabitations sont perquisitionnés, cent vingt « chavistes » connaissent les affres de la prison. On a eu une grande arme. Et, puisque loccasion se présente, je tiens à vous en féliciter. Au nom de la démocratie, la « société civile » vient dinstaurer une dictature. Il reviendra au peuple de restaurer la démocratie. Le 13 avril, ses partisans, par centaines de milliers, occupent les rues et les places de tout le pays. Miraflores et aide quelques ministres à réoccuper le bureau présidentiel. Constitution reprennent le contrôle de toutes les garnisons. Divisé, sans perspective claire, craignant une réaction incontrôlable de la population et des affrontements entre militaires, le haut commandement perd pied. Venezuela est rendu à son peuple. Semblant navoir tiré aucune leçon de ces événements tragiques, lopposition, quelques jours plus tard, fait déjà remonter la pression. Quils ne se fassent aucune illusion. Venezuela ne sera jamais plus comme avant. Nom péjoratif donné par le président à ses opposants (et dont ils se sont emparés, en faisant un titre de gloire), difficilement traduisible : décharnés, squelettiques, sans couleurs. Après avoir rompu les liens, mais sans jamais passer d? Orient a également joué un rôle dans cette stabilisation.
Voir Hugo Chávez sauvé par le peuple, par Maurice Lemoine (Le Monde diplomatique) - La canicule, révélateur d'une santé malade, par Martin Winckler (Le Monde diplomatique) :: une malade
Apercu : Il aura fallu plusieurs milliers de morts pour que le gouvernement et aussi la société française découvre la détresse de beaucoup de personnes âgées. Il promet de rétablir les aides qui leur étaient consacrées et quil avait réduites. Mais il nentend revenir ni sur la baisse planifiée des retraites dont elles vivent, ni sur la réduction des crédits destinés aux systèmes sanitaires. Ces derniers nont pourtant pas les moyens de répondre aux besoins spécifiques de la gériatrie et, plus généralement, aux effets de toute catastrophe. France non seulement en matière de politique sanitaire, mais aussi dans plusieurs autres domaines : recueil des données épidémiologiques, communication institutionnelle, insertion des personnes âgées. Tant bien que mal, les volontaires nettoient les plages de leurs galettes de fuel, et les pompiers finissent par contrôler les brasiers. Mais, lorsque la « catastrophe » ne fait pas partie du répertoire annuel, la société française tout entière semble désarmée. Il nest pourtant pas impossible de se préparer à une catastrophe, fût-elle de grande envergure. Japon a su séquiper pour quun séisme de même ampleur ne fasse quune poignée de victimes. Comme les inondations, les séismes sont des événements très brusques et très violents difficiles à prévoir doù la nécessité de se préparer à leur apparition. Les météorologistes avaient anticipé celle-ci depuis plusieurs mois. De plus, les conséquences de températures élevées sur la santé sont bien connues, de même que les mesures préventives. Quelques semaines plus tard, la canicule revint, mais tout le monde était prêt. France a déjà connu deux canicules similaires. Nous sommes loin dêtre un pays démuni. On a donc du mal à comprendre quen ce mois daoût 2003 plusieurs milliers de personnes aient succombé à dix jours de canicule. Ce bilan dramatique met en lueur plusieurs problèmes structurels. Depuis les années 1970, le système de soins français évolue, lentement mais sûrement, vers une faillite absolue. Partant du principe que la santé coûte cher, et que les premiers responsables de laugmentation des dépenses sont les usagers eux-mêmes, les gouvernements successifs se sont contentés déconomies à court terme : contrôle strict du nombre de soignants (donc de prescripteurs) « mis sur le marché » chaque année et économies drastiques dans les dépenses liées aux personnels hospitaliers. Conscients du vieillissement de la population et de laugmentation inéluctable du nombre de personnes dépendantes, les pouvoirs publics auraient dû mettre sur pied un plan de développement à long terme des soins de proximité et généraliser les campagnes dinformation sanitaire afin de limiter la consommation médicale pléthorique (et inutile) et de prendre en charge un nombre croissant de personnes sur leur lieu de vie pour éviter le recours à lhospitalisation. Financées correctement et adaptées aux situations locales, les structures de soins à domicile auraient pu contribuer à prévenir lengorgement chronique des services durgence. Dans le même temps, la fermeture dun nombre croissant de lits dhospitalisation et lhabitude désastreuse qui consiste à ne pas remplacer le personnel en juillet-août transforment lété en période de tous les dangers. Alors que, depuis des années, les hôpitaux dénoncent la surcharge de travail liée à lhospitalisation des personnes âgées pendant lété, les pouvoirs publics semblent penser quentre le 1er juillet et le 31 août aucun problème sanitaire ne peut jamais survenir. Or, lété, du point de vue sanitaire, na rien dune période de vacances. Beaucoup de pathologies (liées au climat, mais aussi aux déplacements de population) augmentent des accidents de la circulation aux noyades, en passant par les intoxications alimentaires, les insolations ou les multiples problèmes qui surviennent lorsque la population augmente brutalement de plusieurs milliers de personnes en un lieu restreint. En ce qui concerne les personnes âgées qui ne bougent pas de chez elles, nimporte quel médecin sait que durant lété (comme en hiver) elles se retrouvent isolées par les difficultés de transport ou le départ de leur entourage. A lhôpital, à lheure où le chômage reste important, on persiste à ne pas remplacer les agents hospitaliers de toutes catégories passés aux 35 heures pendant lannée, a fortiori pendant leurs congés dété. Sachant que, dans certains services de « long séjour », la nuit, on compte une aide-soignante et une infirmière pour plusieurs dizaines de lits, on ne voit pas comment lhydratation des patients âgés aurait pu être assurée dans des chambres mal isolées où la température pouvait atteindre 40 degrés. Il serait naïf de croire que, les années précédentes, ces hospitalisations étaient rares. Encore faudrait-il que de telles statistiques soient disponibles et fiables. France est notoirement en retard en ce domaine. Non parce que les épidémiologistes ne font pas leur travail, mais, une fois encore, parce que ce travail de bénédictin ne fait pas partie de notre « culture sanitaire ». Alors que lépidémiologie devrait avoir pour but dexaminer les événements sanitaires dans une population et den tirer des conclusions préventives, cet outil précieux est, chez nous, voué à léchec par un faisceau de « blocages » institutionnels. Un recueil soigneux des données épidémiologiques est pourtant indispensable à létablissement dune carte des besoins et lacunes sanitaires, et, partant, à la mise en place des mesures destinées à les combler même sil ne sagit que dune canicule. Marseille (et il semble que ce soit le cas), il doit bien y avoir quelques raisons identifiables. Mais lexamen des causes de décès (ou dhospitalisation) nintéresse pas le pouvoir en dehors des périodes de crise ou électorales. France dune vision densemble indispensable à la mise en place dune politique de santé digne dun pays développé. Encore faut-il préciser que ces opérations mettraient en évidence dautres graves lacunes du système depuis la surmédicalisation de certaines populations (et en particulier des personnes âgées, auxquelles on prescrit beaucoup trop de médicaments et pas assez de soins appropriés à leur état) jusquaux abus de prescription notoires dans les régions où les médecins sont en surnombre. Lautre avantage dun recueil des données adapté serait de permettre à chaque région de faire face à ses défaillances sanitaires spécifiques à condition quelle soit véritablement autonome, ce qui est loin dêtre le cas, étant donné la centralisation de notre pays. Comment être autonome quand une région ne contrôle en rien ce dont elle a besoin ? Comment être autonome quand les hôpitaux sont toujours assujettis au régime de lenveloppe globale ? Comment être autonome quand les caisses primaires sont dans lincapacité réglementaire (ou, tout simplement, refusent) de travailler en collaboration avec les médecins, les infirmières libérales ou les centres de soins de leur secteur ? Paris, dont les ordinateurs savent compter, augmente la capacité en lits. Or très peu le feront, faute de personnel disponible. Sauf erreur, le ministre est médecin. Nimporte quel praticien confronté à trois jours dune canicule quon annonce longue se préoccupe de ceux qui risquent den souffrir. Pourquoi ne sen est-il pas enquis immédiatement auprès des services concernés ? Dans tout service hospitalier, on attend du médecin-chef quil dirige une équipe, et indique quels patients il convient de surveiller particulièrement. On est en droit de penser quun ministre de la santé, lorsquil est médecin, garde les mêmes réflexes. Mattei aurait-il perdu son bon sens clinique en arrivant à son poste ? Le moins que lon puisse dire, cest que le gouvernement a très mal communiqué avec tous ses interlocuteurs, et en particulier avec la population. France, il est difficilement compréhensible que les dirigeants au plus haut niveau restent en vacances (au sens figuré comme au sens propre) pendant que des citoyens meurent. Pour couronner la liste de ces fiascos, lannonce, fin août, que des centaines de corps encombrent encore les morgues improvisées de la région parisienne sans avoir été réclamés ne peut être interprétée que dune seule manière : toutes ces personnes décédées, quelles soient mortes seules chez elles, dans la rue ou en institution, étaient « invisibles », « désinsérées » du monde, abandonnées à elles-mêmes par la société, voire par leurs proches. Ces morts, que nous disent-ils ? France, dans la région phare du pays, cest souvent mourir seul dans la plus grande indifférence. Quaucune institution de soins, si bien équipée soit-elle, ne peut remplacer un environnement social et familial lorsquil sagit de prendre en charge une personne âgée. On peut voir dans cette hécatombe dont la canicule nest probablement pas responsable à elle seule, mais quelle a très certainement accentuée le symptôme dune société vivant dans le déni du vieillissement et de la mort, déni né dune angoisse que les tranquillisants, les congés payés, lexode estival et lâge moyen de ses gouvernants sont bien incapables dapaiser. Plan blanc » : plan de mobilisation de toutes les ressources du système hospitalier déclenché en cas d?
Voir La canicule, révélateur d'une santé malade, par Martin Winckler (Le Monde diplomatique) - L?Inde reprend son rang, par Martine Bulard (Le Monde diplomatique) :: son l
Apercu : Unis vont participer au salon de l? Cette décision découle directement de l? Russie, dans une région qui accumule les armements. Raina, jeune étudiant dans l? Un éléphant peut courir très vite. Parmi les étudiants rassemblés autour de lui, pas un seul ne conteste cette affirmation. Tous sont certains que l? Inde, à plus ou moins brève échéance, va retrouver son rang dans les affaires du monde. Au point de devancer le dragon chinois ? Sur cette question, les jeunes sont plus divisés. Mais les rêves de puissance sont dans toutes les têtes. Il fut un temps, il est vrai, où la civilisation indienne rayonnait dans l? Chine (avec 5 %) se sont retrouvées marginalisées. Depuis, cette dernière a fait la preuve qu? Delhi, resté à la traîne, entend rattraper son retard au plus vite. Pour atteindre cet objectif, l? Unis sont la superpuissance dominante, il est logique que nous soyons amenés à développer avec elle de bonnes relations. Une simple normalisation en quelque sorte, après des décennies d? Russie, son ex-principal partenaire, dépasse tout juste 1 %. Fascinée par la rapidité du décollage de son frère ennemi chinois, à l? Certes, le montant est sans doute sous-estimé, les mouvements de capitaux n? Delhi met en avant le fait qu? Singh multiplie donc les avantages en tout genre, copiant les recettes chinoises (zones économiques spéciales quasiment défiscalisées, levée des protections administratives, baisse des droits de douane. Outre les investissements dans les services informatiques et dans l? Renault a annoncé, en novembre 2006, la création d? Carrefour) ont claironné leur arrivée. Et tant pis si ces hypermarchés, actuellement absents, risquent de tuer nombre de commerces locaux et de bouleverser les paysages encore largement épargnés par l? Mais, plus encore que des ambitions économiques, ce sont des préoccupations politiques qui animent les autorités : l? Inde veut être reconnue comme une superpuissance asiatique et mondiale. Congrès américain, en 2006, il sera effectif en ce début d? Inde depuis ses essais nucléaires sauvages de 1998 est levé, bien qu? Inde pourra désormais importer des matériels sensibles pour produire de l? Inde comme puissance nucléaire à part entière qui compte, avec cet accord. Unis et les puissances nucléaires officielles reconnaissent l? Une formule qui revient comme un leitmotiv. En 1947, cette singularité faisait de l? Inde une « puissance morale » rayonnant dans les pays du tiers-monde en voie de décolonisation, et s? Delhi risquait de tomber dans la « trappe à alignement ». Bush a déjà fait savoir qu? Iran, qui pourtant assurerait une part non négligeable des besoins énergétiques nationaux et aurait une portée diplomatique importante, en poussant l? Pakistan, par lequel transiterait l? Ce serait une forte incitation au maintien de la stabilité entre l? Luce, ancien collaborateur de l? Singh prend prétexte des exigences de prix excessivement élevées de l? Iran pour rester dans le vague. Il est peu probable qu? Ces deux géants qui émergent vont-ils construire une entente régionale pour peser sur les affaires asiatiques et planétaires, ou se livrer bataille pour la première place ? Cette dernière hypothèse semble la plus vraisemblable. Américains ont pris le risque d? Chine, dont la montée économique, militaire mais aussi diplomatique menace à terme son hégémonie dans la région. Bush rencontre une oreille attentive du côté de l? Inde, qui se méfie de son voisin. Pourtant, avec un sens formidable de l? Durant les deux mille deux cents dernières années ? Ce 0,1 % de la comptabilité chinoise a pour nom. Leur défaite, inattendue, a sonné la fin de l? Toutefois, comme au commencement des relations sino-indiennes, qui, selon l? Chine, qui vend plus qu? Elle cherche avant tout à consolider son industrie, vieillie et relativement faible, consciente que sa spécialisation dans les centres d? Jintao, du 20 au 23 novembre 2006. La détente esquissée pourrait également se développer dans le domaine énergétique, dont la demande explose. Actuellement, la concurrence pour s? La même année, les ministres du pétrole des deux pays avaient envisagé de créer une sorte de cartel d? Aiyer ayant été limogé entre-temps. Les termes restent vagues ? Ces progrès demeurent néanmoins ténus. Les contentieux frontaliers sont toujours là (dans le nord-est de l? Inde, une partie de l? La commission chargée de les régler n? Tibet, alors que le dalaï-lama et quelque cent mille à cent vingt mille réfugiés tibétains vivent toujours sur son territoire. La, fermé depuis 1962, a été rouvert, redonnant un peu de vie à la célèbre route de la soie. On est loin de l? Xe siècle, quand plus des trois quarts des échanges de marchandises entre les deux pays transitaient par cette route, mais on peut penser que les militaires vont progressivement céder le pas aux commerçants. Pourtant, la méfiance indienne persiste, avec la peur d? Pakistan a longtemps bénéficié d? Le financement de la construction d? Baloutchistan pakistanais), renforce ces craintes. Malacca, ligne de passage des pétroliers. Inde veut donc exhiber ses muscles. Bush est accepté par la grande majorité des élites, ouvertement proaméricaines. En revanche, une partie des milieux d? Américains, dont ils dépendent économiquement. Toutefois, donner un contenu réel à la déclaration d? Japon ne peuvent penser diriger la région, seul ou en alliance avec une puissance extérieure. Varadarajan préconise une présence indienne plus active dans les organisations régionales. Les déclarations communes sont discrètes, les relations bilatérales peu spectaculaires. Pourtant, les échanges, qui s? Chenoy, professeure au département d? Russie demeure le premier vendeur d? La recherche de pétrole et de gaz pousse également à la coopération. Au cours des cinquante premières années de l? Russie comme une puissance respectée à défaut d? Delhi a décidé de participer, à titre d? Ces dernières cherchent à lui donner un pouvoir diplomatique plus fort, face à la montée de l? Inde ne semble guère en mesure de prendre des initiatives stratégiques spectaculaires. Nous sommes séduits à l? Mais ceux-ci restent à définir. Actuellement, une partie de son énergie est mobilisée pour résoudre les problèmes à ses frontières. Peu pressée de nouer des relations égalitaires avec ses « petits » voisins, elle a néanmoins contribué à mettre sur pied l? Association pour une coopération régionale de l? Mais la coopération économique est restée marginale (moins de 10 % du commerce) et l? Naturellement, les relations tendues entre l? Pakistan contribuent à cette anomie. Cachemire, scindé en deux, avec au nord l? Cachemire, sous contrôle indien, ont beaucoup de mal à déboucher. Toutefois les échanges commerciaux ont légèrement repris. Bombay, le 11 juillet 2006, qui a fait deux cents morts, l? Inde accusant les services secrets pakistanais d? Cachemire, on reste très prudent. Sans être aussi conflictuels, les rapports avec les autres voisins du premier cercle ne sont pourtant pas normalisés, même si l? Beaucoup vivent dans le dénuement le plus total, faisant le lit de mouvements fort violents et autorisant les exactions policières. Pradesh) et plus au nord, dans l? Certes, les frontières sont poreuses. Mais le premier ministre oublie les causes sociales de ces ruptures, notamment les ravages de la « modernisation » des campagnes. En 2005, plus de dix mille paysans se sont suicidés, le plus souvent en avalant des pesticides, parce qu? Chine étant à la quatre-vingt-unième place). Si le gouvernement a pris quelques mesures, souvent détournées pour cause de corruption massive, ni lui ni les élites ne semblent émus par ce fossé entre la majorité de la population et les quelque 60 à 70 millions d? Indiens (entre 5 et 6 % de la population) qui ont conquis un niveau de vie comparable aux standards européens.
Voir L?Inde reprend son rang, par Martine Bulard (Le Monde diplomatique) - De la réduction des têtes au changement des corps, par Dany- Robert Dufour (Le Monde diplomatique) :: homme corps
Apercu : Un nouvel « homme nouveau », voilà ce que le marché est en train de fabriquer sous nos yeux. En détruisant toute forme de loi qui représenterait une contrainte sur la marchandise, la dérégulation néolibérale provoque des effets dans tous les domaines. Pas seulement dans le champ économique. Le psychisme humain lui-même est perturbé, bouleversé. Au point que le marché ne veut plus de l? La démonstration était relativement simple : le marché récuse toute considération (morale, traditionnelle, transcendante, transcendentale, culturelle, environnementale. On peut voir un bon exemple de cette désymbolisation produite par l? Les hommes sont priés de se plier au jeu de la circulation infinie de la marchandise. On peut donc dire que la loi du marché consiste à détruire toute forme de loi représentant une contrainte sur la marchandise. En abolissant toute valeur commune, le marché est en train de fabriquer un nouvel « homme nouveau », déchu de sa faculté de juger (sans autre principe que celui du gain maximal), poussé à jouir sans désirer (le seul salut possible se trouve dans la marchandise), formé à toutes les fluctuations identitaires (il n? Nous sommes là devant un aspect très particulier de la dérégulation néolibérale qui, malheureusement, n? Un certain nombre de psychiatres et de psychanalystes sont en train d? Au contraire, la première condition d? Tous les rapports sociaux immobilisés dans la rouille, avec leur cortège d? Tout ce qui était solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré se trouve profané et, à la fin, les hommes sont forcés de considérer d? Cette capacité de transformer les rapports sociaux a été portée à son comble par ce nouvel état du capitalisme qu? Ce bouleversement a si bien fonctionné que certains ont été tentés de ne retenir de cette nouvelle forme que son côté « libertaire », « jeune » et « branché » et se sont enthousiasmés à bon compte pour la révolution des m? La confusion est telle que se croient hautement révolutionnaires ceux qui ne font que suivre cette dérégulation culturelle et symbolique ? Tous les spots publicitaires le montrent. Il semble que les populations ne sont pas sans pressentir les considérables dangers potentiels que la civilisation court devant une telle dérégulation symbolique. Mais le marché peut tout récupérer à son profit : déjà quantité de groupes vantant et vendant des morales de pacotille sont sur la brèche. Or ce serait une erreur cruciale que d? Il est donc urgent de construire une nouvelle réflexion sur les valeurs, sur le sens de la vie en société et sur le bien commun à destination des populations confusément alarmées par les dégâts moraux dus à l? Il est clair que si ce terrain n? On serait cependant loin du compte si l? Car il apparaît que cette reconfiguration des esprits n? Pour le dire en quelques mots, la « réduction de têtes » et la désymbolisation ne sont que le prélude à une autre redéfinition en profondeur de l? Cette désymbolisation du monde intervient à un moment décisif dans l? Avec cette boucle, un incroyable événement est rendu possible : l? Le moment inconcevable arrive donc où une espèce va pouvoir intervenir dans son propre devenir en se substituant aux lois naturelles de l? Mirandole, avait été entendue au-delà de toute mesure. Pic voulait introduire, à l? Nietzsche, en passant par l? Remarquons au passage que ce ne serait rien de moins que la fin de la philosophie qui serait impliquée par une telle visée de redéfinition des bases matérielles de l? Son accomplissement supposerait, en effet, la transformation irrémédiable d? Antiquité, de réforme de l? Mais à quoi servirait-il de gagner un corps neuf si c? Ce programme est dissimulé, on ne lui donne guère de publicité. On ne doit pas effrayer les hommes, il ne faut surtout pas qu? Le monde du vivant a été tellement investi par le capitalisme afin d? Un autre suivrait : la transformation biologique de l? Mais ce dessillement ne lui fut que l? Fukuyama veut croire que le néolibéralisme saura nous préserver de cet engrenage fatal. Pour lui, en effet, la démocratie de marché serait un état parfait s? Une technique assez puissante pour remodeler ce que nous sommes risque bien d? Evidemment, il faut en convenir, s? Pieuse intention, qui lui permet de passer sous silence l? Ce lien est pourtant clair : puisque le marché implique la fin de toute forme d? Il faut donc se poser cette question : existe-t-il, dans nos démocraties postmodernes « où l? On voit où le programme de fabrication d? Il est même vraisemblable que des expérimentations sont en cours ou ne sauraient tarder à l? Lorsque ce jour arrivera, nous serons passés de la postmodernité, époque embarrassée dans l? Si nul ne peut prévoir ce que cela sera, on peut cependant dire ce que cela ne sera plus. Le danger qui menace l? Ce qui est, à court terme, en danger, c? Cette conservation ne procède pas d? On trouve beaucoup de choses dans cette seconde nature : des dieux, des récits, des grammaires se rapportant à n? Or, si ce cadre est endommagé, si les lois et les principes qui le régissent deviennent flous, on peut s? Les propos de ce « nietzschéen de gauche » semblent très significatifs de la façon dont la dérégulation symbolique actuelle peut brouiller les esprits. Comme si la technique était la seule conquête de l? Avec pareilles prémisses, toutes les conséquences possibles de la technique sont justifiées à l? La délibération morale est d? Etre, aurait à charge de changer sa condition biologique pour s? Il ne fallait pas halluciner le retour de l? Etre dans la sinistre farce historique du nazisme ? Or cette route est encombrée d? Pour notre prophète, le vieil homme primitif est retors, il est constitutivement sourd ? Etre nous appelle car, bien sûr, il n? En fait, la levée des interdits révèle que perdure un véritable projet postnazi de sacrification de l? Il est porté par l? Mais justement ça marche trop vite, ça se consomme. En somme, le vrai problème du capitalisme, c? Cette remarque permet de comprendre que c? Et il renvoie cyniquement ceux qui auraient besoin d? Kant, disaient que la liberté ne consiste en rien d? En fait, nous avons besoin de véritables lois juridiques et morales, et non de ces succédanés moralisants, pour rendre enfin la justice, pour sauvegarder le monde avant qu? Or nous sommes en train d? Nous entrerons dans une cruauté inconnue consistant à vouloir modifier ce corps humain vieux de cent mille ans. Sur la nouvelle servitude de l? Discours sur la dignité de l? La démocratie libérale et l? Mais il reconnaît une insuffisance quant à sa conception de la fin de l? Et nous sommes à la veille de nouvelles découvertes scientifiques qui, par leur essence même, aboliront l? Toutes les citations qui suivent sont tirées de cet ouvrage. En fait, cette diversification est déjà en cours : l? Macaca radiata vers la douzième semaine de leur gestation, cette implantation pouvant mener à la création de singes anthropoïdes dont les cerveaux auraient été, de la sorte, mécaniquement « humanisés ». Paris, 1991, séance du 17 décembre 1969, p.
Voir De la réduction des têtes au changement des corps, par Dany-Robert Dufour (Le Monde diplomatique) - Rebelle à Big Brother, par François Brune (Le Monde diplomatique) :: image coeur humain
Apercu : Orwell élabora sa terrifiante utopie. Aussi bien, nadmirer son oeuvre que pour sa valeur danticipation - cest-à-dire nen faire quun constat défaitiste -, serait lui ôter une grande part de son intérêt. Le diagnostic lemporte sur le pronostic. Orwell ne nous annonce la défaite de lhomme que pour léviter. Orwell, au sens le plus littéral du livre. Mais la botte piétinant un visage humain symbolise, plus généralement, les diverses formes doppression qui dénaturent lêtre humain ou lempêchent daccomplir librement son humanité. Brother », certes, nexiste pas en tant que tel. Toutefois, il y a, il y aura toujours, plus ou moins personnalisés, ces discours de propagande ou dintimidation des pouvoirs qui monopolisent la « morale » pour culpabiliser les opposants ; il y a, il y aura toujours, plus ou moins médiatisé (ou multimédiatisé), un droit de regard des institutions chargées de faire rentrer dans lordre politico-social les citoyens trop tentés de vivre à leur idée, quils fuient la loi du clan ou refusent les diktats de la mondialisation. Brother, pure invention du système destinée à leurrer le bon peuple, nexiste pas non plus comme tel. Mais il y a, il y aura toujours, pour la plus grande joie de lopinion publique, ces boucs émissaires sans cesse renaissants, quils prennent la forme de telle ou telle communauté chargée de tous les crimes, ou le visage changeant de linévitable ennemi public numéro un, quon livre en pâture à la vindicte populaire dans la rubrique des faits divers. Il y a, il y aura toujours des conflits lointains, réels ou virtuels, mobilisant nos esprits à point nommé pour nous faire ignorer les injustices trop proches. Crise chargé dépouvanter les citoyens « normaux », dans le but tantôt de les renfoncer dans la peur frileuse de leurs bonheurs conformes, tantôt dexacerber en eux dinutiles haines envers de fantasmatiques puissances. Il y aura toujours, comme pour plaire à nos besoins de rejet, des marginaux ou des déviants quon nous encouragera à pointer du doigt ou à matraquer du regard, pour mieux nous installer dans lintolérance majoritaire. Xe siècle cédant désormais la place, dans notre imaginaire occidental, aux masses grouillantes du « tiers monde ». Il y aura toujours des spécialistes de lhistoire employés à refaire le passé pour justifier le présent, quils officient dans les livres, les émissions ou les feuilletons, et des experts de la « communication » payés pour nous imposer comme réalité la fantasmagorie sonore dont le système des médias décore et falsifie notre environnement. Et tous ces experts du double langage, du double jeu et de la double pensée, qui semploient à circonvenir nos coeurs en faisant vaciller notre humaine raison. Il y aura toujours les optimismes officiels planant sur les insatisfactions profondes, et les bruits du champ médiatique étouffant le cri des solitudes souffrantes. Et, pour couronner le tout, le règne anonyme de la schizophrénie dirigée, forte - le plus souvent - de notre accord tacite, qui scinde à jamais notre conscience et notre être, et nous fait traverser lexistence sans parvenir à donner sens à notre vie. Orwell nous invite à dépister toutes les formes de complicité intérieure. Car il ne suffit pas de fuir la normalisation des âmes qui nous façonnent en masses apeurées : nous devons repousser aussi la tentation de hurler avec les loups par peur dêtre moutons. Refuser dêtre victime pour ne pas, malgré soi, devenir bourreau à son tour. Savoir que, si lhomme est un loup pour lhomme, cest que trop souvent lhomme accepte dêtre un mouton pour lhomme. Non pas que nous soyons courageux, mais nous apprenons à dépasser la peur. Connaître toutes ses haines, jusque dans ces replis de haine de soi qui conduisent à la haine dautrui, chaque fois quon en vient à détester dans un semblable ce que lon ignore abhorrer en soi-même. La haine et la peur sont deux aliénations-soeurs. Cest même prendre le risque de conférer à nos cibles une puissance mythique. En sépuisant à haïr, on se rend aveugle sur les meilleures stratégies possibles de résistance. Car, sil est vain de haïr, il est constamment nécessaire de résister, dopposer des îlots dexistence personnelle et interpersonnelle à la marée montante des normalisations abusives, quelles soient économiques, sociales ou médiatiques. Orwell nous demande de nous tenir, même sil faut sans cesse le reformuler à cause de ses compromissions historiques. Sil y a un espoir, il nest pas dans telle catégorie sociale ou idéalisée, dans tel groupe humain sacralisé, encore moins dans tel individu charismatique. Sil y a un espoir, il ne peut être quen lhomme et en tout homme, à commencer par soi-même, et par ceux que lon côtoie ici et maintenant. Parce que la menace antihumaniste est présente au coeur de lêtre humain, cest au coeur de chaque homme que se joue la lutte pour lhumanité. Personne na le droit de se reposer sur lidée quil y aura toujours des êtres dexception, des héros, des « hommes dignes de ce nom » chargés à sa place de perpétuer la dignité de lespèce. Personne na donc le droit de démissionner du nom dhomme. Que la moindre dégradation de lhomme, infligée au moindre des hommes à des milliers de kilomètres, rejaillit sur notre vie intime en blessant notre humanité profonde. Accepter la servitude intérieure revient à entériner, et souvent à entraîner, lesclavage dautrui. A travers chaque cas particulier se joue lavenir de tous. La défense de soi est indissociable de la défense de lhumanité en soi. La reconquête de lhomme est à refaire chaque matin. Orwell nous prêche une existence retranchée du collectif, un humanisme de retraité centré sur soi, car son individualisme demeure toujours solidaire. Il nous invite au contraire à un combat tenace, parce que mesuré, dans lequel la conduite civique et la mobilisation intérieure restent ajustées lune à lautre, lengagement évite dêtre dupe de soi, la lucidité refuse de désespérer, lhomme embarqué dans le monde quil construit ne cesse de résister sans être indifférent, et de militer sans haïr. Brother menace, demeurer rebelle reste le seul moyen de demeurer humain. Orwell nous engage au devoir dirréductibilité. Parangon, 2004, édition revue et augmentée en septembre 2005). Chaque fois par exemple que les citoyens-consommateurs de diverses nations, asservis aux règles de l?
Voir Rebelle à Big Brother, par François Brune (Le Monde diplomatique) - Une Espagne encore malade de son passé, par José Manuel Fajardo (Le Monde diplomatique) :: une malade
Apercu : Zapatero, et à la veille des élections municipales de mai prochain, l? Espagne connaît une vive crispation politique. Zapatero, qui tente de supprimer les stigmates du franquisme dans la société espagnole. Zapatero (socialiste), le paysage politique espagnol offre une image plutôt déconcertante : des cris d? Espagne comme un pays « au bord du gouffre ». Le 30 décembre 2006, une bombe déposée par l? Madrid, a tué deux personnes n? De plus, une lutte efficace contre la corruption, une forte croissance économique et le taux de chômage officiel le plus bas depuis 1979 auraient dû naturellement conduire à une atmosphère politique sereine. A et le terrorisme islamique, n? Un mouvement de fond dans la vie politique est probablement en train de s? La démocratie espagnole est née du pacte entre les forces politiques liées à la longue dictature franquiste (1939-1975) et celles qui s? Pour éviter les actes de violence et de vengeance, un cadre constitutionnel fut établi en 1977, au sein duquel les différentes sensibilités politiques pouvaient cohabiter. Mais toute mise en cause de ceux qui avaient participé à la dictature et à ses crimes fut écartée. Après presque quarante années d? On pourrait dire que la transition (1975-1982) a consisté, en fait, à ce que les vainqueurs de la guerre civile (1936-1939) se résignent à ne plus persécuter les perdants, en échange d? Espagne depuis la fin de son empire colonial en 1898 : sa structuration définitive en tant qu? Pays basque avait constitué le premier pas vers la construction d? Etat moderne, à vocation fédérale. La guerre civile et la victoire du fascisme entraînèrent l? Franco, obsédée par une unité de l? Espagne fondée sur la répression des cultures catalane et basque, ne fit qu? Constitution de 1978 fut confrontée au rejet exprimé par les nationalistes basques. Les nouveaux statuts représentaient l? Selon les nationalistes, en revanche, ils n? Etat militaire (qui se produisit en effet, mais échoua, en février 1981) finit par faire accepter la version la plus réductrice des autonomies au sein de l? En raison des circonstances déjà citées (absence de mise en cause des responsables de la dictature, maintien des anciens oppresseurs au sein de la police et de l? Cela favorisa la poursuite des activités d? Sa démarche violente fut également stimulée par la « guerre sale » (arrestations, tortures, assassinats) menée, de 1976 à 1987, par des agents de l? Etat sont donc autant de problèmes politiques hérités du franquisme. Ils ont marqué ces trois dernières décennies et, maintenant que la génération de la guerre civile est sur le point de disparaître, que l? Zapatero tente de trouver une solution. Cependant, rien ne devrait paraître plus logique que la recherche d? Etat permettrait le total épanouissement de la capacité d? Une normalité qui favoriserait aussi la disparition de la violence, et qui, enfin, ne réserverait pas la défense de la mémoire et de la dignité aux seules victimes des dictatures chilienne ou argentine, mais aussi aux victimes espagnoles du régime franquiste. Outre la suppression du monopole catholique sur la morale publique ? Zapatero sont allées dans ce sens. Etat, pour satisfaire la plupart des aspirations des nationalistes basques et catalans, et les amener à consolider une unité nationale fondée sur l? Zapatero a pu compter sur l? Un soutien parlementaire qui représente 57 % de l? Conseil général du pouvoir judiciaire. Le bilan provisoire de ces trois initiatives est fort inégal. La loi sur la mémoire n? Catalogne a pu voir le jour, malgré les obstacles dressés par la droite, ce qui constitue désormais une référence pour la réforme des statuts des autres régions. Quant à celle du statut basque, elle demeure bloquée par la paralysie des négociations de paix, après l? Une paralysie dont profite la droite, car elle affaiblit le gouvernement. Le débat parlementaire du 15 janvier 2007 en constitue un bon exemple. Pour la première fois dans l? Rajoy, a fait preuve d? La droite compte sur l? Zapatero incapable de diriger et dangereux pour la sécurité du pays, pour ramener des voix au vote conservateur. Ce qui ruine leurs perspectives électorales. Les raisons sont à chercher dans l? Espagne dans la guerre d? Elles résident aussi dans le problème d? Suárez, vainqueur des premières élections démocratiques de 1977. Un des mérites de cette fusion était de maintenir l? Aznar aux élections de 2000, c? Les positions actuelles sont peu propices à un apaisement du climat politique, et l? Sans elle, impossible de trouver une solution qui satisfasse toutes les sensibilités de la société basque dans le cadre de l? Cette réforme permettrait à l? Espagne de solder une fois pour toutes l? A cet égard, les élections municipales de mai prochain constitueront le premier test. Ces trois dernières années, les victimes de la violence ont toujours été présentes, parfois manipulées. Celles de la violence de l? A pour refuser de condamner la violence de l? Le jour où toutes les victimes de violences, quelles qu? Pour cela, il faudrait que l? En substituant le dialogue à la violence, le gouvernement a tenté ce premier pas vers la normalité. A demeure sur le bord du terrain et hésite entre une éventuelle reprise de ses crimes et la concrétisation de ce cessez-le-feu permanent que l? Il faudra attendre la fin de la partie. Et, en dernière instance, les électeurs trancheront. Aznar, avaient également tenté d?
Voir Une Espagne encore malade de son passé, par José Manuel Fajardo (Le Monde diplomatique) - Le corps humain mis sur le marché, par Marie- Victoire Louis (Le Monde diplomatique) :: corps humain, le corps humain, le corps humaine, sur le corps humain
Apercu : A moins dêtre forcée et que la victime en apporte la preuve la prostitution deviendrait un libre commerce et la mise en exploitation du corps, un droit reconnu sur le marché international du sexe, pour la plus grande satisfaction des consommateurs et des proxénètes. Europe depuis le 1er janvier 1997 - na pas encore été abordée. Etat au monde à avoir une politique nationale et internationale affichée de décriminalisation des activités liées à la prostitution ; le seul également à sêtre donné les moyens conceptuels, financiers, institutionnels de sa mise en oeuvre effective. La suppression de la prostitution produit plus de problèmes, pour les prostituées comme pour la société, quelle nen résout. Ce pays ne se contente donc pas de faire de lexistence de la prostitution un pis-aller. Bas poussent en effet la logique économique libérale jusquà son terme ultime. Cette - formidable - assertion occulte toute analyse des rapports de domination qui sont à la base même de la prostitution. A la base de cette thèse, le raisonnement selon lequel la prostitution doit être considérée comme une activité économique (presque) comme les autres. Cest dorénavant à laune de la contrainte sur les seules personnes prostituées que repose donc la définition de la prostitution. Bas pénalise cependant, encore pour un temps, le proxénétisme. Mais ce maintien est plus que symbolique car la gestion des maisons de passe a été transférée aux municipalités. Celles-ci ont le pouvoir de signer des conventions avec les tenanciers. Amsterdam sont étrangères, et 70 % dentre elles sont dépourvues de papiers. Bas saffirment pourtant les défenseurs. Ces femmes, souvent mineures et étrangères, terrifiées, menacées, violentées, le plus souvent dépouillées de leur argent et de leurs papiers, sans contact avec le monde extérieur, certaines ne sachant même pas dans quelle ville elles sont, ce sont elles qui doivent dénoncer à la police leur situation contrainte ! Cette même police qui effectue des descentes dans les maisons de passe, quand elle nest pas complice des tenanciers. Bas permettent aux plaignantes de rester sur le territoire néerlandais jusquà la tenue du procès quelles intentent. Une politique particulièrement cynique, puisque, après le procès en question, ces femmes sont expulsées. De fait, les trafiquants ont bien peu à craindre de la répression dans ce pays. Quant au dernier procès, qui concernait cinq trafiquants de femmes thaïlandaises, également poursuivis pour trafic de drogue, la peine la plus élevée a été de trois ans de prison, dont un avec sursis et une amende ne dépassant pas 35 000 florins (105 000 francs). Bas sest donc cru obligé daffirmer une volonté politique plus nette de lutter contre les trafiquants dêtres humains. Ainsi a-t-il modifié, en 1994, son code pénal : la peine maximale de prison est passée de cinq à six ans - soit deux fois moins que la répression pour trafic de drogues dures - et à dix ans au maximum, sil sagit de trafic organisé denfants de moins de 16 ans et/ou accompagné de graves violences physiques. Bas ont remporté de nombreux succès pour faire adopter leur approche des problèmes de la prostitution. A de rares exceptions près, chaque rencontre internationale est loccasion dune nouvelle avancée des thèses néerlandaises. Conseil justice-affaires intérieures, le gouvernement néerlandais a empêché ladoption de deux propositions majeures du projet daction commune. Le droit des enfants à être protégés de toute violence sexuelle a été ainsi sacrifié sur lautel de la liberté du commerce, pour le plaisir des amateurs de pornographie. Communauté, si les crimes reprochés ne sont pas également punissables dans le pays où ils ont été perpétrés. Que les pays européens continuent, dans la réalité, à appliquer leur propre législation nationale en matière de lutte contre le proxénétisme et le trafic des êtres humains ny change rien : ils ont signé un texte européen indigne, au nom de la règle du consensus qui abolit même le droit à une position minoritaire. France est cependant mal placée pour sopposer au rouleau compresseur néerlandais. Elle défend officiellement la convention de 1949 sans lappliquer ; elle se prétend abolitionniste mais elle cautionne les nouvelles formes de réglementation de la prostitution (salons de massage, bars montants, etc. Quinze, la justice française a diminué presque par deux, ces dernières années, le nombre des poursuites - ce qui ne veut pas dire les condamnations - à lencontre des proxénètes : quelque 650 en 1995, contre environ 1 300 en 1988. Et on chercherait en vain une politique cohérente entre les cinq ministères concernés. A lheure où la non-commercialisation du sang, de lutérus, et dautres organes humains fait lobjet de nombreux débats éthiques comme de réglementations, il semble inadmissible que de telles politiques se mettent en place sans que personne réagisse dans la communauté internationale, en particulier parmi les défenseurs des droits de la personne. Europe de la prostitution d? Questions relatives aux droits de l? Cette expression, utilisée systématiquement en anglais sous le terme d? La conférence européenne contre le trafic des femmes. Contrairement à ce que cet intitulé laisse penser, pour l? La récession ainsi que d? Parce que ce phénomène, qui affecte les droits humains des femmes, est souvent international, plus d?
Voir Le corps humain mis sur le marché, par Marie-Victoire Louis (Le Monde diplomatique) - Le corps du Che, par Richard Gott (Le Monde diplomatique) :: corps du
Apercu : Guevara et une dizaine de guérilleros sont encerclés par l? Bolivie situé dans la précordillère andine. Pour la première fois, trente-huit ans après l? Che avant de la présenter aux médias du monde. Chili, où je travaillais à l? En janvier de cette année-là, j? Bolivie ; en mars, la première manifestation de la guérilla se produisit. Peu de temps après, un petit groupe ? Che, sous la forme d? Je pris donc, en août, le train transandin, qui partait du port chilien d? Bolivie était soumise à la loi martiale. La sortie des villes était contrôlée par des barrages militaires. Je pris toutes les précautions nécessaires : j? Mon idée était de voyager à travers le pays en me faisant passer pour un touriste ordinaire, sans me faire enregistrer comme correspondant étranger. Un jour, celui-ci me fit part de la curieuse attitude d? Danois passait quotidiennement deux heures à envoyer dans son pays des télex contenant toutes les informations qu? Danois était un correspondant de gauche qui envoyait des nouvelles à l? Je voyageai donc durant plusieurs semaines à travers le pays, pour palper l? Bolivie était vraiment en pleine phase prérévolutionnaire. Je visitai les mines d? Les dirigeants syndicaux se trouvaient, bien entendu, tous en prison, et les mineurs avaient une peur bleue de s? Je tâchai également de me rendre compte de la situation de l? Bolivie avait expérimenté une révolution quinze ans auparavant, en 1952 ; une réforme agraire s? Je voyageai avec une équipe d? Tarija, où nous découvrîmes qu? Che appelant à créer d? Debray, emprisonné dans une pièce du cercle militaire. Je discutai également avec les officiers de la 4e division de l? Vallegrande, base principale des forces antiguérilla de la 8e division. Che se trouvait dans une zone bien délimitée et qu? Che, ne leur laissant qu? Les déclarations des habitants d? Cruz et me rendis au camp militaire de l? Il a été gravement blessé. Le reste des guérilleros luttent avec acharnement pour le récupérer ; et le commandant de la compagnie a demandé par radio un hélicoptère pour lui faire quitter les lieux. Le commandant était tellement agité qu? Nous le tenons, nous le tenons ! Notre informateur nous suggéra de louer un hélicoptère pour nous rendre immédiatement dans la zone de la guérilla. Che était encore en vie, mais il pensait qu? Il était 20 h 30, il faisait nuit noire, et voler à cette heure tardive était de toute façon impossible. Les militaires ne nous laissèrent pas aller plus loin, jusqu? Nous nous rendîmes directement au terrain d? On aurait dit que la moitié du village s? Vallegrande étaient habitués aux allées et venues des militaires. Dans cette foule, les plus excités étaient les enfants. Quelques minutes plus tard, un petit point apparut dans le ciel et prit rapidement la forme d? Ils furent détachés et chargés sans grands égards dans un camion pour être transportés au village. Tandis que la foule se dispersait, nous restâmes à photographier les caisses de napalm fournies par l? Cette audace, de la part d? Vallegrande, devançant tous les autres de vingt-quatre heures ? Mais nous avions suffisamment de laissez-passer pour prouver que nous étions de véritables journalistes. De sorte que, après de violentes discussions, ils nous permirent de rester. Le seul et unique hélicoptère s? Peu après 1 heure de l? Il avait vu son cadavre, et cela ne faisait aucun doute. Elles ne sont jamais arrivées. Quatre heures plus tard, à 17 heures exactement, l? Au lieu de se poser là où nous nous trouvions, comme il l? On nous interdit de franchir le cordon de soldats. Chevrolet qui se lança dans une course folle à travers la piste, pour ensuite s? Chevrolet vira subitement, et nous le vîmes pénétrer dans l? Des soldats tentèrent de fermer les grilles pour nous empêcher de passer, mais nous roulions si près du fourgon que nous réussîmes à y pénétrer. Chevrolet monta une côte abrupte et se dirigea ensuite, en marche arrière, vers un petit abri au toit de bambou, dont un côté était entièrement ouvert aux intempéries. Jeep pour atteindre la porte latérale du fourgon avant qu? Quand elle le fit enfin avec violence, l? Pauvre homme, il ne savait pas qu? Guevara le révolutionnaire était bien mort. La forme de la barbe, les traits du visage, sa chevelure longue et abondante étaient reconnaissables parmi mille autres. Il portait un uniforme militaire vert olive et une veste à fermeture à glissière, des chaussettes d? Comme il était entièrement habillé, il était difficile de déterminer où il avait été atteint. Deux orifices étaient visibles à la base du cou ; plus tard, lorsqu? Il avait très certainement des plaies aux jambes et près du c? Les deux médecins de l? Hormis ces détails, rien sur le corps ne suscitait la moindre répugnance. A ce moment-là, je n? Les personnes qui entouraient le corps se révélaient bien plus répugnantes que le cadavre : une religieuse ne pouvait cacher son sourire et se laissait aller jusqu? A occupait les lieux, s? Villoldo (connu sous le nom d? Londres, un an avant qu? Cruz, écrire et envoyer les nouvelles. Quand nous sommes arrivés, le mardi 10 octobre, l?
Voir Le corps du Che, par Richard Gott (Le Monde diplomatique) - Cerveau, mensonge et antiterrorisme, par Olivier Oullier (Le Monde diplomatique) :: fonctionnement cerveau humain
Apercu : Effet de mode comme le « cyber » ou véritable révolution scientifique et culturelle, le préfixe « neuro » ajouté au nom d? Asie au cours des deux dernières années ont rappelé à tous que nul continent, nul pays, nulle institution n? France, avant de dévoiler son projet de loi antiterroriste en conseil des ministres le 26 octobre 2005 (projet débattu en urgence depuis le 22 novembre), le ministre de l? Londres le 7 juillet 2005 est sans équivoque. Le but avoué est d? Ces mesures font écho au récent accord ? Bretagne, afin de prévenir d? La sécurité nationale justifie- t-elle de tels enregistrements ? Certes, ces caméras ont joué un rôle indéniable dans l? A priori, rien ne remplace l? A priori seulement, car des techniques automatisées de traitement de l? Pilotées par des logiciels d? Fruit de la collaboration avec des spécialistes des sciences du mouvement humain et des neurosciences comportementales, elles permettent de détecter très rapidement un comportement individuel inhabituel ou un regroupement suspect. France font donc la part belle au stockage de données biométriques et à l? Ces techniques font aussi partie de l? Philadelphie, seraient parvenus à identifier une trace cérébrale du mensonge. La méthode utilisée consiste à demander à des sujets de mentir (ou non) sur la possession d? Un mouvement du crâne de l? De fait, comment pourrait-on empêcher un suspect en possession d? Or le fonctionnement en réseau du cerveau rend impossible tout lien univoque entre l? Ainsi, le lobe frontal du cerveau humain est aussi activé lors de nombreuses autres tâches de réflexion, comme celles impliquant la mémoire ou la sélection de réponse. En théorie, il pourrait donc suffire à une personne, alors qu? Par là même, elle pourrait potentiellement faire disparaître le contraste d? La transposition de la méthode, dans son application concrète, pose donc un véritable problème de fond : si le suspect lui-même ne se considère pas comme terroriste, comment savoir s? Et, par conséquent, quel devrait être celui de l? La qualité des images du cerveau en activité peut laisser supposer que la compréhension de son fonctionnement est aisée. Pourtant, dès le premier trimestre 2006, une entreprise américaine proposera au grand public un service payant de détection de mensonge basé sur les études précédemment citées, en collaboration avec des chercheurs de l? Un proverbe oriental dit que la science chasse l? Les neurosciences ne devraient malheureusement pas faire exception à cette triste règle. Gageons que de telles affirmations n? Il y a fort à craindre que ces « résultats », associés aux études, commerciales ou non, sur le fonctionnement du cerveau pendant le mensonge, serviront de caution, souvent malgré eux, à des catégorisations d? Dans un avenir à court ou moyen terme, qu? Institut national de la santé ? Il est toutefois un fait indéniable : la neuro-imagerie en soi n? De plus, au cours de la décennie qui vient de s? Les neurosciences comportementales ont, elles aussi, bénéficié de ces progrès, aidant ainsi à mieux comprendre le fonctionnement des individus et de la société. Au niveau comportemental, une lutte efficace contre le terrorisme ne saurait se faire uniquement en laboratoire. Ces collaborations ne devront cependant pas faire l? France 3, 26 septembre 2005. Son but est principalement de renforcer le pouvoir du gouvernement dans la lutte antiterroriste. Ethical, legal and social issues » au sein de l? Ces recherches visent à établir des règles de conduite et d?
Voir Cerveau, mensonge et antiterrorisme, par Olivier Oullier (Le Monde diplomatique)
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