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- Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix 2007 :: coeur humain
Apercu : Nations, ainsi quà tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, mes vux de paix. Je les adresse en particulier à ceux qui sont dans la douleur et dans la souffrance, à ceux qui vivent menacés par la violence et par la force des armes ou encore à ceux qui, bafoués dans leur dignité, attendent leur réintégration humaine et sociale. Je les adresse aussi aux enfants, qui, par leur innocence, enrichissent lhumanité de bonté et despérance et qui, par leurs souffrances, nous incitent tous à être des artisans de justice et de paix. Je suis en effet convaincu quen respectant la personne on promeut la paix et quen bâtissant la paix on jette les bases dun authentique humanisme intégral. Cest ainsi que se prépare un avenir serein pour les nouvelles générations. Cest dans cette admirable perspective que se comprend la tâche confiée à lêtre humain de parvenir lui-même à une maturation de sa capacité daimer et de faire progresser le monde, en le renouvelant dans la justice et dans la paix. La paix est en effet une caractéristique de lagir divin, qui se manifeste à la fois dans la création dun univers ordonné et harmonieux, et dans la rédemption de lhumanité, qui a besoin dêtre rachetée du désordre du péché. Création et rédemption offrent donc la clé de lecture qui introduit à la compréhension du sens de notre existence sur la terre. La paix est donc aussi une tâche qui oblige chacun à une réponse personnelle en harmonie avec le plan divin. Dans cette perspective, les normes du droit naturel ne doivent pas être considérées comme des directives simposant de lextérieur, contraignant presque la liberté de lhomme. Au contraire, elles doivent être accueillies comme un appel à réaliser fidèlement le projet divin universel inscrit dans la nature de lêtre humain. La reconnaissance et le respect de la loi naturelle constituent par conséquent, aujourdhui encore, le grand fondement du dialogue entre les croyants des diverses religions, et entre les croyants et les non croyants eux-mêmes. Cest là un grand point de rencontre et donc un présupposé fondamental pour une paix authentique. La personne qui jouit dun plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas sen prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses. Cest en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix. Consciente de cela, lÉglise semploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne. Dieu ne relève pas du pouvoir de lhomme. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix? Lavortement et lexpérimentation sur les embryons constituent la négation directe de lattitude daccueil envers lautre, qui est indispensable pour instaurer des relations de paix durables. En parlant particulièrement des chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés; dans certains États, ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de violence abominable. Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent non pas une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances religieuses. Dans tous les cas, un droit humain fondamental nest pas respecté, avec des répercussions graves sur la convivialité pacifique. Les très graves manques dont souffrent de nombreuses populations, spécialement sur le continent africain, sont à la source de revendications violentes et constituent donc une blessure profonde infligée à la paix. Je pense à lexploitation de femmes traitées comme des objets et aux nombreuses formes de manque de respect pour leur dignité; je pense également dans un contexte différent aux perspectives anthropologiques persistantes dans certaines cultures, qui réservent aux femmes une place encore fortement soumise à larbitraire de lhomme, avec des conséquences qui portent atteinte à leur dignité de personne et à lexercice des libertés fondamentales elles-mêmes. Créateur en tout être humain, ne seront pas abolies. Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ». Créateur, que lhomme, avec ses semblables, peut donner vie à un monde de paix. En plus de lécologie de la nature, il y a donc une « écologie » que nous pourrions appeler « humaine », qui requiert parfois une « écologie sociale ». Et cela implique pour lhumanité, si la paix lui tient à cur, davoir toujours plus présents à lesprit les liens qui existent entre lécologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et lécologie humaine. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. Soleil », constitue un exemple admirable toujours actuel de cette écologie multiforme de la paix. Nations se sont engagées avec dynamisme dans la production industrielle, faisant croître les besoins en énergie. Cela est en train de provoquer une course aux ressources disponibles sans précédent. En même temps, dans certaines régions de la planète, il existe encore des situations de grand retard, où le développement est pratiquement bloqué, notamment en raison de la hausse des prix de lénergie. Que deviendront les populations de ces régions? Quelle sorte de développement ou de non-développement leur sera imposée par la raréfaction des approvisionnements énergétiques? Quelles injustices et quelles oppositions provoquera la course aux sources dénergie? Et comment réagiront les exclus de cette course? Nations des relations dans lesquelles on porte attention à la dignité des personnes et qui puissent satisfaire leurs besoins authentiques. La destruction de lenvironnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce quils sont le fruit dune conception inhumaine du développement. En effet, un développement qui se limiterait à laspect technique et économique, négligeant la dimension morale et religieuse, ne serait pas un développement humain intégral et finirait, parce quil est unilatéral, par encourager la capacité destructrice de lhomme. Pour tenter une telle entreprise, il est nécessaire de se laisser guider par une vision de la personne qui ne soit pas corrompue par les préjugés idéologiques et culturels, ou par des intérêts politiques et économiques, qui incitent à la haine et à la violence. Il est compréhensible que les visions de lhomme varient en fonction des cultures. Dieu est à lorigine de pratiques criminelles, cest le signe quune telle conception sest déjà transformée en idéologie. Aujourdhui, cependant, la paix nest pas mise en question seulement par le conflit entre les visions réductrices de lhomme, à savoir entre les idéologies. En effet, de nombreux contemporains nient lexistence dune nature humaine spécifique et ils rendent ainsi possibles les interprétations les plus extravagantes au sujet des éléments qui sont essentiellement constitutifs de lêtre humain. Ici aussi la clarté est nécessaire: une conception « faible » de la personne, qui laisse place à nimporte quelle conception, même excentrique, ne favorise la paix quen apparence. En réalité, elle empêche le dialogue authentique et elle ouvre la voie à lapparition de positions autoritaires, conduisant ainsi à laisser la personne elle-même sans défense et, par conséquent, à en faire une proie facile de loppression et de la violence. Une paix véritable et stable présuppose le respect des droits de lhomme. Si ces droits se fondent cependant sur une conception faible de la personne, comment nen sortiraient-ils pas eux-mêmes affaiblis? Laporie est ici manifeste: les droits sont proposés comme absolus, mais le fondement quon invoque pour eux est seulement relatif. Faut-il donc sétonner si, face aux exigences « dérangeantes » de tel ou tel droit, quelquun puisse se présenter pour le contester ou pour décider de le mettre de côté? Par ailleurs, il va de soi que les droits de lhomme impliquent pour ce dernier des devoirs. Cest seulement en faisant la clarté sur ces présupposés de fond que les droits humains, aujourdhui soumis à des attaques continuelles, peuvent être défendus de manière appropriée. Sans une telle clarté, on finit par utiliser la même expression « droits humains », sous-entendant alors des sujets très différents entre eux: pour certains, la personne humaine marquée par une dignité permanente et des droits toujours valables, partout et pour quiconque; pour dautres, une personne à la dignité changeante et avec des droits négociables dans leur contenu, dans le temps et dans lespace. Organisations internationales ne perdent pas de vue le fondement naturel des droits de lhomme. Cela les soustraira au risque, malheureusement toujours latent, de glisser vers une interprétation qui serait uniquement positiviste. Organismes internationaux seraient privés de lautorité nécessaire pour jouer leur rôle de défenseur des droits fondamentaux de la personne et des peuples, principale justification de leur raison dêtre et dagir. Cela na malheureusement pas été mis en uvre de manière cohérente, indépendamment du passé, dans certaines situations de guerre qui se sont déroulées récemment. Liban sud, où lobligation de « protéger et daider les victimes innocentes » et de ne pas impliquer les populations civiles a été en grande partie négligée. En outre, le fléau du terrorisme nécessite une réflexion approfondie sur les limites éthiques qui sont inhérentes à lutilisation des instruments actuels de maintien de la sécurité nationale. De plus en plus, en effet, les conflits ne se déclarent pas, surtout lorsquils sont déclenchés par des groupes terroristes décidés à atteindre leurs buts par tous les moyens. Devant les scénarios bouleversants de ces dernières années, les États ne peuvent pas ne pas éprouver la nécessité de se doter de règles plus claires, capables de sopposer efficacement à la dérive dramatique à laquelle nous assistons. La guerre représente toujours un échec pour la communauté internationale et une grave perte dhumanité. Quand, malgré tout, on en arrive à ce point, il convient au moins de sauvegarder les principes essentiels et les valeurs qui fondent toute convivialité civile, en établissant des normes de comportement qui en limitent le plus possible les dommages et qui tentent datténuer les souffrances des civils et de toutes les victimes des conflits. Face à une possible catastrophe atomique, un climat diffus dincertitude et de peur sest ensuite développé. Cela fait revenir en arrière, aux peurs et aux angoisses de la période dite de « la guerre froide ». On espérait alors que le péril atomique serait définitivement conjuré et que lhumanité pourrait finalement pousser un soupir de soulagement durable. Dieu et contre lhomme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation ». Malheureusement, des ombres menaçantes continuent à samonceler à lhorizon de lhumanité. Que rien ne soit laissé de côté pour parvenir, par la négociation, à la réalisation de tels objectifs! Cest le destin de la famille humaine tout entière qui est en jeu! Dieu, pour que tout chrétien se sente engagé à être un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Seigneur le bien fondamental de la paix, qui a tant dimportance dans la vie de chacun. De plus, il éprouvera la fierté de servir avec un généreux dévouement la cause de la paix, allant à la rencontre de ses frères, spécialement de ceux qui, non seulement souffrent de la pauvreté et de privations, mais sont aussi privés de ce bien précieux. Christ, nous pouvons trouver les raisons suprêmes de devenir de fermes défenseurs de la dignité humaine et de courageux bâtisseurs de paix. Visage dans le visage de toute personne humaine, cur de la paix! Vatican, le 8 décembre 2006.
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